Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Procès en corruption, procès du système par Mustapha Hammourche

Publié par The Algerian Speaker sur 19 Mars 2015, 11:13am

Catégories : #Les chroniques de Mustapha Hammouche

M.Hammouche
M.Hammouche

Aussitôt abordé, le procès Sonatrach I a dû être ajourné, après qu’une succession de suspensions d’audience eurent émaillé ce faux départ. Dans les faits, cela fait des années que l’affaire en question est reportée. Il n’y a, semble-t-il, pas de norme en matière de délai d’une instruction, mais s’il est difficile de ce qui, dans les cinq ans, relève de la contrainte et de la tergiversation, on observe que, dans les affaires de corruption et de dilapidation, le retard constitue plutôt la règle que l’exception. Pendant que les instructions judiciaires traînent en longueur, les responsables politiques ont tout le loisir d’exhiber une justice indépendante qui instruit et qui ne supporte aucune pression : “La justice suit son cours ; laissons-la travailler.” Et si l’on insiste, on se fait doctement rappeler ce truisme : le temps judiciaire n’est pas le temps médiatique. Et comme pour suivre son cours, la justice a besoin de prendre tout son temps. Il suffisait de régler, par la jurisprudence, la question de la détention préventive : elle peut être, en pratique, illimitée. Et des cadres ont eu tout le temps de mourir en prison. Chérif Mejoual, ex-directeur régional de la GCA (Générale des concessions agricoles), est décédé au bout de six ans et demi (2006-2013) de détention… provisoire, pendant que les accusés restés en liberté multipliaient les pourvois en cassation (trois) ! Cela n’a pas servi à faire la lumière sur les magouilles touchant aux concessions foncières du Sud ni à jeter la lumière sur le scandale du FNDRA. Pourquoi dans ces grandes affaires de malversation, l’ouverture d’une instruction, l’inculpation de quelques suspects et la mise en détention de certains d’entre eux, au lieu de préparer la tenue rapide d’un procès, aboutissent plutôt à une espèce d’impasse judiciaire ? Et donnent lieu à tous ces achoppements d’audience, ponctués de suspensions d’audience et de renvois et que les journalistes résument par la formule de “bataille de procédures” ? Est-ce parce qu’à côté des accusés apparaissent, presque toujours, de “grands” témoins pas assez “justiciables” pour être inculpés, mais pas assez étrangers au délit pour être “oubliés”, et “disparaissent” des personnages pourtant cités autour de l’affaire, mais qui arrivent toujours à passer à travers les mailles du filet. Cette difficulté à en venir au procès et à ce qu’il se déroule sans crises de procédure ne peut pas s’expliquer par la seule complexité du travail judiciaire, elle-même aggravée par d’inévitables interférences politiques, elle illustre le malaise global d’un État face à un phénomène qui est consubstantiel à son système politique. Celui-ci n’est pas seulement un système qui favorise la corruption ; parce que la grande corruption est un crime de privilégiés, de puissants, c’est un système qui protège les corrompus. Il est pris entre le marteau de donner des gages de lutte contre la corruption et l’enclume de dissimuler la nature politique du fléau. Il faut réprimer, mais il faut viser bas. La question qui se pose n’est pas judiciaire, mais politique : un tel système peut-il organiser des procès de corruption ? Si l’on se retient de les brider, ces procès pourraient se révéler pour ce qu’ils sont en effet : le procès du système.

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